
Actualités : LES EFFORTS CONSENTIS PAR LE SECTEUR DE L’AGRICULTURE RISQUENT DE SE VOLATILISER Benaïssa évoque un dysfonctionnement majeur
En dépit des efforts accomplis par l’Etat pour promouvoir le secteur de l’agriculture et du développement rural, les séquelles d’un dysfonctionnement majeur sont toujours là. Rachid Benaïssa s’explique. Mehdi Mehenni - Alger (Le Soir) - Lors d’une conférence de presse précédée par une rencontre qui a réuni le ministre de l’Agriculture et du Développement rural et les cadres centraux et autres responsables d’organismes et instituts, Rachid Benaïssa a soulevé plus d’un problème qui risque de déstabiliser un secteur qui peine depuis plusieurs années déjà à décoller. En effet, malgré la mise en place d’un système de régulation, de stockage et de déstockage, la majorité des prix des fruits et légumes reste inabordables pour les ménages algériens. Pour Benaïssa, ce problème existe réellement, mais le système de régulation a permis de limiter les dégâts. En d’autres termes, explique le ministre, «le problème est d’ordre climatique et naturel en premier lieu. Car les fruits et légumes sont saisonniers. La pomme de terre, par exemple, ne peut être produite durant l’été ou au mois d’octobre, c’est ce qui explique la hausse des prix. Mais en parallèle, il faut dire que si ce n’était pas le système de régulation mis en place par le département de l’Agriculture, la pomme de terre, qui, vendue actuellement à 70 DA, aurait coûté le double. Il faut aussi savoir qu’il s’agit d’un processus qui vient de se mettre en marche. Il ne peut donc pas porter ses fruits du jour au lendemain ». Pour régler le problème, le ministère de l’Agriculture compte multiplier les filières et c’est à travers cette option, assure- t-il, qu’on va y arriver. Or, il y a un autre problème beaucoup plus sérieux qui se pose. C’est le circuit de commercialisation. Bien qu’à demi-mot, le ministre a avoué que, à défaut d’existence d’un circuit de commercialisation, tous les efforts et les moyens mis en place par l’Etat risquent de s’avérer inutiles. «La question est justement là. Nous avons une volonté d’organiser le circuit de commercialisation, mais actuellement il est géré par les professionnels eux-mêmes», a-t-il indiqué. Mais pour le ministre, ceux qui ont tout à gagner dans cette affaire, en premier lieu, ce sont les agriculteurs. Ces derniers, qui bénéficient actuellement d’un soutien total de la part du ministère et de différents systèmes les mettant à l’abri de la faillite, doivent comprendre que pour aller plus loin, il faut se professionnaliser. «Certes, c’est tout le monde qui veut gagner, mais il faut que ce soit d’une manière durable et raisonnable», a-t-il ajouté tout en précisant que ce problème – un véritable cercle vicieux — est récurrent et va se poser encore durant plusieurs années. Pour le moment, et afin d’y remédier, le ministre a évoqué «une politique de tentative de régulation». Par ailleurs, en s’adressant à ses cadres centraux, Benaïssa s’est montré quelque peu critique et non satisfait des résultats de la campagne agricole 2008/2009. Bien que le rapport d’évaluation de la mise en œuvre du renouveau de l’économie agricole soit globalement positif, selon les chiffres avancés, le ministre n’avait pas l’air tout à fait content. «Hormis la tomate industrielle et les viandes blanches pour lesquelles les résultats enregistrés sont en deçà de nos objectifs 2009 et des résultats de la campagne précédente, tous les autres sont positifs, y compris pour le lait (+ 7 % par rapport à 2008), la collecte de lait (+37 % par rapport à 2008) et les œufs (+ 10 % par rapport à 2008)», est-t-il mentionné dans le rapport. Or, pour le ministre, les résultats restent loin des objectifs fixés. Concernant la mise en œuvre des contrats de performance pour le renouveau de l’économie agricole, le ministre a précisé que les responsables chargés de l’opération en sont actuellement à 2000 projets identifiés. Or l’objectif est d’atteindre 12 000 projets d’ici à 2014. «Pour cette fois-ci, nous allons fermer l’œil sur ce dossier, parce que c’est votre première année d’expérience, mais dorénavant, il faudra accélérer le processus. Le train s’est mis en marche, et vous, vous êtes toujours à la gare. Il est temps de se réveiller, car le train va adopter un rythme beaucoup plus fort. Nous n’allons attendre personne», a-t-il menacé. S’adressant aux directeurs des forêts, Benaïssa a exigé que le bilan de l’année prochaine soit présenté commune par commune et non pas d’une manière vague et anarchique. Visiblement en colère contre ces derniers, le ministre s’est interrogé sur le fait que les mécanismes soient en place mais les résultats ne sont pas encore là. «Tous les programmes sont entre vos mains, vous avez le budget qu’il faut, nous pouvons accepter un démarrage lent, mais non pas des retards», a-t-il enfin conclu. M. M.
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