EMEUTES A CHLEF
|
ACTUALITÉ La situation est toujours tendue. Un climat électrique règne à Chlef au lendemain des émeutes ayant secoué la ville. Hier aux environs de 10h30, les affrontements ont repris. Des centaines de jeunes ont lancé des jets de pierres contre les forces de l’ordre. Les brigades de police antiémeute et de la gendarmerie ont dû user de bombes lacrymogènes pour disperser les émeutiers. Une panique s’en est suivie. Des automobilistes roulaient en sens interdit. Les piétons couraient dans toutes les directions pour fuir les violences. Un air lugubre planait dans la ville. Les commerçants ont baissé rideau. Les administrations publiques aussi. Les élèves des écoles ont été libérés après que des émeutes aient été signalées au quartier Hay Houria où une agence d’Algérie Poste et une antenne d’APS ont été endommagées. La commune de Chettia a eu également son lot d’émeutes au même titre que la commune de Chorfa-Bolla. Cependant, selon des sources bien informées tous les manifestants arrêtés ont été libérés pour calmer les esprits. Dans une déclaration à la radio locale, le wali de Chlef a appelé au calme et accusé une main malveillante d’utiliser la violence à des fins personnelles. El Bouali DJILALI
Lundi 28 Avril 2008 - El Bouali DJILALI
L’étincelle a eu lieu lorsque les forces de l’ordre allaient procéder à la démolition des constructions illicites.
L’étincelle a eu lieu lorsque les forces de l’ordre allaient procéder à la démolition des constructions illicites. Affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Plusieurs édifices publics ont été saccagés. Une centaine d’arrestations. Des dizaines de blessés. La ville de Chlef a vécu, hier, une journée mouvementée. De violents troubles ont éclaté dans la matinée d’hier entre manifestants et forces de l’ordre. Tout a commencé vers 11h lorsqu’un attroupement s’est formé devant le tribunal où devait avoir lieu le procès du président de la coordination des sinistrés du séisme d’octobre 1980, Mohamed Yacoubi, poursuivi en justice par le wali de Chlef pour détournement. El Bouali DJILALI
|
|||||||||||||||||||||
|
La ville a vécu des émeutes sans précédent La ville de Chlef n’a jamais connu de pareils événements depuis 1988 qui avait vu le soulèvement de tout un peuple dans toutes les contrées du pays. Le climat tendu qui y règne ces derniers jours rappelle celui des premières journées du séisme de 1980 qui avait secoué toute la région. Cette fois, ce n’est pas la terre qui a tremblé mais les esprits des habitants de cette ville qui veulent que la marginalisation cesse une fois pour toutes. Tous les quartiers de la ville ont été agités par la même colère et toutes les petites communes avoisinantes ont eu leur lot de casse. Les jeunes ont cherché et ont trouvé le moyen de se faire voir et entendre, la manière était violente, mais a eu l’écho escompté. Et ces deux jours d’avril resteront à jamais gravés dans la mémoire des Chélifiens. Un cri pour la justice puisque c’est à partir du tribunal que l’histoire a commencé à l'occasion d’une affaire dans laquelle le verdict n'est pas encore tombé, celle de gens qui ont osé défendre leurs intérêts. C'était dimanche, quand le procès du président de l’Association des quartiers en préfabriqué poursuivi en justice par le wali de Chlef pour diffamation et outrage aux autorités s’est ouvert. Les Chélifiens viennent d’apprendre, à leurs dépens, que le séisme ne tue pas seulement lorsqu’il démolit les bâtisses mais il fait durer le traumatisme, les souffrances et les attentes. N’est-ce pas que ces mêmes sinistrés de 1980 vivent dans des baraques depuis 27 ans alors qu’ils ne devaient y rester qu’une dizaine d’années. Le séisme a bien laissé des séquelles même si la plupart des manifestants ne s’en souviennent même pas puisqu’ils sont nés après la catastrophe qui a frappé El-Asnam le 10 octobre 1980. Z. Z. |
|||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||
Vous avez sans doute entendu cette information ahurissante. Il s’appelle Lakhmissi et il a 23 ans. C’est un jeune de Bordj-Bou-Arréridj , membre d’une famille de huit enfants, dont le père est un paysan démuni. Son frère aîné, père lui-même de deux enfants, ce qui augmente les bouches à nourrir, est le seul salarié de la maisonnée. http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/04/27/article.php?sid=67513&cid=8 |
|||||||||||||||||||||


Les manifestations qui avaient éclaté dimanche à Chlef se sont poursuivies hier. Les émeutiers ont tenté de s'attaquer aux sièges de la wilaya, de la daïra et de l'APC de Chlef ; ils en ont été empêchés par les forces antiémeutes, présentes en force, déployées notamment devant les édifices publics et les sièges des institutions. Un dispositif sécuritaire impressionnant était visible dès les premières heures de la matinée. Les brigades antiémeutes ont quadrillé la ville avec un renforcement visible près des édifices publics. Du côté des protestataires, l'on jurait de ne pas baisser les bras et de maintenir la pression jusqu'au verdict du procès du président de la Coordination des quartiers préfabriqués prévu pour le 11 mai prochain. Les automobilistes sont appelés par les agents de l'ordre à rebrousser chemin au niveau du boulevard principal tandis que de nombreux autres propriétaires de véhicules ont vite déserté le champ d'affrontement qu'était devenue la ville de Chlef. Malgré ce déploiement impressionnant des forces de sécurité, qui ont réussi à boucler la ville et maîtriser la situation dans les zones dites sensibles et les quartiers « chauds », les émeutiers n'ont pas baissé les bras ; ils ont saccagé tout ce qu'ils trouvaient devant eux : feux de signalisation, panneaux publicitaires, vitres, magasins…Les chaises des jardins étaient arrachées et les abribus transformés en barricades. Pendant ce temps, une centaine de citoyens avaient été autorisés à assister au procès du président de l'Association des sinistrés du séisme de 1980, intenté contre lui par le wali de Chlef et qui devait se tenir hier avant d'être reporté au 11 mai. Dans la rue de Chlef, l'on estime que « le procès du président de l'Association des victimes du séisme n'est pas la cause directe des émeutes mais la goutte qui a fait déborder le vase ! ». Insécurité, manque d'eau et d'hygiène, maladies, chômage très élevé, promiscuité dans les logements, certaines familles s'entassant jusqu'à 12 personnes dans un 36 mètres carrés, autrement dit la malvie des préfabriqués, qui, lance un homme d'un certain âge, « se transforment sous la chaleur caniculaire de l'été en véritable cocotte-minute ». D'autres citoyens parlent de « la route qui est dans un état de dégradation avancée ». « Avec les averses hivernales, explique un des habitants des concernés, elle est impraticable ! De plus, ajoute-t-il, les travaux autour des préfabriqués, notamment les palissades, ont été abandonnés…» « Les écoliers quant à eux, nous explique-t-on, éprouvent mille et une difficultés pour rejoindre leurs classes au centre-ville, à plusieurs kilomètres… »


Commentaires