Education/ enseignement


Rentree scolaire 2017

Rentrée scolaire

Les syndicats de l’éducation mécontents

le 10.09.17 | 12h00

 
	 L’affectation des enseignants issus du dernier concours de recrutement constitue un des points noirs dénoncés par les représentants des enseignants.
 
 L’affectation des enseignants issus du dernier concours de...

Les principaux syndicats du secteur de l’Education constatent «une pression» au niveau des établissements scolaires, due aux mauvaises conditions dans lesquelles se déroule la rentrée scolaire et qui risque de déboucher sur des mouvements de protestation de plus grande ampleur.

La «pagaille» de l’affectation des enseignants issus du dernier concours de recrutement constitue un des points noirs dénoncés par les représentants des enseignants.

Le Conseil des lycées d’Algérie estime que le retard accusé dans l’installation des nouveaux enseignants dans leurs postes, l’opération de remplacement des départs en retraite ainsi que le recours aux listes d’attente de 2016 et 2017 vont durer encore quelques jours, «mais au moins, il n’y aura pas de manque d’enseignants, comme ce fut le cas  lors des années précédentes», rappelle Idir Achour, porte-parole dudit syndicat.

Ce dernier estime que vu le contexte économique, tous les espoirs se sont effrités concernant la réforme de l’enseignement du secondaire, reportée en raison du manque de ressources. «La mauvaise gestion» du mouvement des enseignants, dénoncée aussi par le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), ajoutée aux autres insuffisances au niveau de plusieurs wilayas, menace de peser lourd sur le déroulement de l’année scolaire qui risque ainsi d’être perturbée par des mouvements de protestation au niveau local mais aussi national. C’est ce qu’appréhende Messaoud Boudiba, secretaire chargé de la communication au Cnapeste.

Le syndicaliste dénonce la mauvaise préparation de la rentrée au niveau de plusieurs wilayas qui se reflète par les dysfonctionnements dans l’inscription des élèves, la distribution du manuel scolaire qui tarde encore à être réglée. La réduction du budget de fonctionnement des établissements scolaires de près de 60% aura des conséquences désastreuses, redoutent les syndicats des enseignants. «La plupart des établissements ont épuisé les fonds durant le premier semestre de 2017, le reste de l’année sera noir pour une grande partie», craint le Cela qui s’interroge sur la façon dont seront réglés les problèmes d’électricité, d’eau et de manque de fournitures au niveau des établissements. Les responsables du secteur doivent rompre avec le discours populiste rassurant, qui cache mal les insuffisances, plaide Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs du secondaire et du technique (Snapest).

Contrairement au discours officiel faisant croire à une rentrée normale, le Snapest appelle à des mécanismes de prise en charge des dysfonctionnements de distribution du livre scolaire, le remplacement des enseignants partis en retraite ainsi que la surcharge des classes. M. Me-riane dénonce également «les rapports erronés» des directeurs de l’éducation et d’autres responsables locaux concernant les cantines scolaires fermées dans la majorité des établissements et remplacées par la distribution de repas froids, malgré tous les risques qui pèsent sur la santé des élèves.

«Le secteur a besoin d’une politique économique capable d’assurer la continuité des moyens de fonctionnement des établissements scolaires et de santé, dans ce contexte de crise, et ce n’est sûrement pas avec les discours populistes que les choses s’arrangeront», dénonce le responsable du Snapest.
 

Fatima Aït Khaldoun-Arab
 

Rentree scolaire : Austérité, exigences et protestation

le 08.09.17 | 12h00

 
 

Il y a eu du nouveau en cette rentrée scolaire, comme pour les livres, mais aussi des problèmes récurrents que le ministère peine à éradiquer : surcharge des classes, écoles fermées, déficit dans l’encadrement, absence de transport et des élèves sans cantines.

Pour couronner le tout, de nouveaux recrutés au Sud ont observé un mouvement de protestation hier. Ils demandent des logements. Le point de nos régions. Une rentrée considérée comme «réussie», comparativement aux précédentes même si quelques insuffisances ont été relevées. Dans toutes les wilayas, ce sont particulièrement les nouveaux livres qui ne sont pas tous disponibles.

Même si le ministère de l’Education a insisté dans une note remise aux directeurs d’éducation de ne pas augmenter le prix des manuels, des librairies privées se sont amusées à fixer les prix à leur guise. «En principe, ces libraires qui n’ont pas respecté les prix unifiés doivent être interdits de vente de livres scolaires», suggère Kamel Nouari, directeur d’un établissement.

Autre problème soulevé : la surcharge. Et c’est un phénomène qui persistera tant que les nouvelles cités et les nouvelles opérations de relogement ne sont jamais accompagnées d’infrastructures, dont les écoles. Il s’agit là d’une mauvaise gestion. Sans compter aussi que vu l’austérité, le budget des établissements scolaires a connu une baisse de 60% !

D’ailleurs, dans plusieurs écoles, il y a eu coupure d’électricité et d’eau. Les cantines seront, pour la première fois, gérées par les APC, ce qui pourrait retarder un peu l’ouverture. Cette année, et pour la troisième année consécutive, le coup d’envoi de la rentrée scolaire a été donné depuis le Sud, à Ouargla. Une manière de rassurer un peu la corporation qui ne cesse de demander de repousser la date de la rentrée des classes.

Benghabrit et le sud, c’est aussi une météo inhabituellement clémente aussi, gratifiant les élèves d’une baisse des températures à la suite de deux nuits de fortes pluies, comme pour réduire au silence la revendication principale des parents d’élèves et des syndicats d’enseignants à la fois, à savoir la révision du calendrier scolaire par une rentrée repoussée à fin septembre pour les villes du sud.

Même Maâmeri Ammar, président de la fédération des parents d’élèves de la wilaya de Ouargla, ne cache plus son amertume et en appelle à un recadrage du ministère pour permettre l’adoption des changements des rythmes scolaires et d’amélioration des conditions pédagogiques dans les zones reculées du grand Sud. Jugez-en : «Sur les 11 wilayas conviées l’année dernière à se réunir à Touggourt pour préparer la rentrée en proposant notamment la réduction des vacances d’hiver et de printemps pour reporter la rentrée au 20 septembre, seules les wilayas de Biskra, El Oued, Ouargla et Adrar ont répondu présent.

Le quorum n’a pu être atteint», constate-t-il amèrement au moment où la ministre exige un consensus local et des expérimentations à petite échelle. Réponse de Beghabrit : «Il faut que tous les acteurs de l’opération pédagogique s’entendent sur un consensus et déterminent les horaires les mieux adaptés. Ne comptez pas sur moi pour prendre une décision administrative à partir d’Alger.»

Pour M. Maâmeri, «la rentrée des classes s’est bien déroulée mercredi dernier sous les yeux des caméras, mais nos enquêtes ont prouvé que les établissements scolaires des zones sahariennes fonctionnent à 50% jusqu’en octobre depuis plusieurs années à cause de la chaleur, causant de fortes absences les après-midis et un retard dans le programme scolaire qui est irrattrapable.»

Ce constat, la fédération l’a bien consigné et suivi d’un rapport conjointement élaboré avec les syndicats d’enseignants transmis à la direction de l’éducation l’année dernière, mais «l’exigence d’une rentrée nationale semble être un impératif pour le ministère».

Une décision politique dûment assumée par Benghabrit qui persiste et signe en faisant le choix de lancer la rentrée scolaire à partir d’une wilaya du Sud pour la troisième année consécutive, et en septembre avec, successivement, Naâma, Ghardaïa et Ouargla cette année, comme pour dire que la question était tranchée.

Dialogue de sourds

Les partenaires sociaux du secteur dénombrent la pénalisation des écoles primaires de la wilaya ayant certes bénéficié d’un important programme de rénovation et de réhabilitation pour une enveloppe de plus d’un milliard de dinars sur le budget de la wilaya, mais un démarrage tardif de celui-ci. Ainsi, sur les 306 établissements où les travaux ont démarré depuis le mois de mai 2017, seuls 128 ont pu finaliser les travaux.

Les écoles connaissent des améliorations drastiques des classes de cours, des blocs sanitaires, des cours de récréation et des façades qui pour la plupart n’ont jamais été touchées depuis leur création, un véritable coup de jeune. Le seul bémol, des travaux qui empiètent sur la rentrée fortement perturbée par les chantiers ouverts, et ça, la fédération des parents d’élèves n’a pas pu le dire à la ministre qui a écourté sa visite à Ouargla à cause du Conseil interministériel tenu mercredi.

La fédération relève également le déficit de 150 surveillants généraux dans les établissements scolaires de Ouargla, 20 000 primes scolaires manquant au quota de Ouargla qui stagne à 60 000 et la centralisation du marché d’acquisition des équipements de climatisation qui ne prend pas en compte les normes du Sud, selon le rapport transmis à la ministre. A cela, Benghabrit brandit la fulgurante ascension de la wilaya de Ouargla qui a hissé ses résultats du baccalauréat de 38,10% en 2015 à 41,94% en 2016 pour atteindre les 50,53% en 2017.

Ceci, malgré la contre-performance de la daïra frontalière et pétrolière d’El Borma qui a brillé cette année par l’absence de candidats reçus au bac alors qu’elle venait d’acquérir sa première annexe de lycée depuis l’indépendance et se faire livrer les sujets du bac par avion spécial chaque jour.

Ecoles fermées

A El Tarf, et malgré les chiffres officiels, (7856 travailleurs dont 5181 enseignants, 253 écoles, 70 collèges et 31 lycées), la surcharge des classes reste très présente dans les agglomérations, où elles atteignent 50 élèves par classe. Elle est compensée par le système des doubles vacations ou des classes tournantes. La moyenne de 28-30 élèves par classe vient du fait qu’à l’opposé on trouve des classes de moins de 12 élèves en zone rurale. Il y aurait quelque 85 salles de classes fermées faute de «clients», nous a-t-on a rapporté.

Une quinzaine d’écoles sont encore fermées officiellement pour cause d’exode rural ou parce que menaçant ruine. Mais en fait, c’est le fruit des fantaisies de la planification locale qui a obéi aux humeurs et intérêts des responsables et élus locaux. Bien entendu, personne ne rendra de comptes pour cet énorme gaspillage. Les hivers sont rudes en plaine ou en montagne et malgré les nombrables injonctions des responsables et des récriminations des parents, la question du chauffage des classes revient chaque année.

On n’en est pas venu à bout. Les établissements sont en général dans un état lamentable, il y a des exceptions réconfortantes qui indiquent qu’il s’agit bien de l’engagement et du dévouement du chef d’établissement et de son équipe pédagogique. Le hic, c’est que même le wali a relevé le laisser-aller dans les écoles qu’il a visitées ! Matériel et équipement délabrés, murs écorchés…

Pour lui, le cynisme est poussé à bout lorsqu’on donne aux enfants un cours inaugural sur l’éco-citoyenneté dans un environnement aussi repoussant. Les parents sont, eux, moins rassurés. Pour eux, il leur faut passer d’abord l’écueil des vêtements et des fournitures scolaires. Ensuite, il faut compter les sous en zone rurale proche des chefs-lieux pour le transport et le déjeuner qui n’est pas assuré systématiquement pour cette catégorie de résidents.

Transport

A Tizi Ouzou, c’est particulièrement le déficit en matière d’infrastructures qui est à relever. D’ailleurs, la livraison de plusieurs établissements scolaires qui devaient être réceptionnés avant la rentrée a été différée, comme le lycée de Frikat, dans la daïra de Draâ El Mizan, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest Tizi Ouzou.

Les lycéens de Frikat continueront ainsi à se déplacer vers le chef-lieu de daïra. Les raisons de ce retard seraient liées, selon un parent d’élève, à certaines réserves constatées dans la réalisation de cette infrastructure. Autre problème : la surcharge des classes. Le wali, Mohamed Boudarbali, reconnaît. «11 établissements scolaires sont en cours de réalisation pour parer justement au problème de la surcharge des classes.

Ce retard est dû au manque de financement», a-t-il déclaré. Reste aussi l’encadrement où un déficit est perceptible, notamment avec le départ à la retraite de 2000 enseignants. Par ailleurs, notons que la rentrée scolaire est perturbée dans certaines localités de la wilaya de Tizi Ouzou, comme Aïn El Hammam où des parents d’élèves ont protesté contre les retards enregistrés dans l’avancement des travaux de la cantine scolaire.

Il en est de même à Mekla où des parents d’élèves se sont élevés contre les conditions de prise en charge de leurs enfants. A Biskra, à la veille de la reprise des classes, dans une lettre destinée à la ministre, la Coordination nationale des laborantins en poste dans les établissements scolaires du moyen et du secondaire, activant sous l’égide du syndicat de l’Unpef, dénonce l’exclusion et la marginalisation socioéconomique dont ils seraient victimes en dépit du fait que depuis 2008 ils sont passés de la classification des corps communs à celui de corps pédagogique et technique.

«Une insertion purement administrative n’ayant eu aucun effet sur nos salaires, sur les promotions internes et droits pécuniaires auxquels nous ouvrons droit selon le statut des personnels de la Fonction publique», souligne Ali Dahah, président du Conseil des laborantins du secteur de l’éducation de la wilaya de Biskra.

Intégration

Présentant une plateforme de revendications à leur sens «légitime» de pas moins de 20 points ayant trait à la valorisation salariale, aux primes de risque, au droit d’être classifié en tant qu’ingénieur d’Etat après 10 ans de travail, à l’intégration effective dans le corps pédagogique des collèges et lycées, au bénéfice d’être classés dans les catégories de laborantins formateurs et laborantins inspecteurs, à la prise en considération des diplômes obtenus par les laborantins au courant de leur carrière professionnelle dans les promotions internes, au volume horaire hebdomadaire ne devant pas dépasser 32 heures, selon eux, et au cycle de formation «inexistant» afin d’améliorer leurs pratiques et compétences professionnelles.

Autre revendication mise en exergue par les laborantins, les dangers encourus dans l’exercice de leur fonction où ils sont mis en contact avec des produits chimiques, des équipements et des appareils «dangereux et nocifs», selon leurs dires. «Nous voulons des moyens de protection et des équipements répondant aux mesures d’hygiène et de sécurité conformes aux normes internationales.

Une de nos collègues est décédée en juillet dans la wilaya de Batna des suites d’un cancer que nous soupçonnons avoir été provoqué par son contact avec des matières nuisibles à la santé lors de son travail», a précisé notre interlocuteur à ce propos.

Préparant activement une réunion régionale des laborantins de 14 wilayas de l’est du pays, laquelle devrait se tenir à Constantine le 16 septembre, les laborantins, dont le nombre avoisinerait les 8000 au niveau national, espèrent que la tutelle ne fera pas la sourde oreille à leurs revendications et que des décisions concrètes soient prises pour l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles. Ils ne veulent pas être poussés à des actions extrêmes, telles que des sit-in, des marches et des grèves, mais s’il n’y avait pas de réponse convaincante avant la fin de l’année, ils s’y résoudraient de guerre lasse, assurent-ils.

Repas froid

Ailleurs, à Jijel, visiblement les cantines risquent de ne pas être au rendez-vous, dont la gestion a été confiée aux communes. C’est du moins ce que nous ont confié différentes sources, notamment à la faveur d’un constat des plus déplorables qui a été relevé par ces mêmes sources lors d’une récente réunion tenue pour faire le point sur la situation de ces cantines.

«Le problème majeur qui se pose pour nous est l’eau, et quand l’eau vient à manquer, il n’y aura pas de repas pour les élèves, les directeurs des établissements confrontés à ce problème se rabattront automatiquement sur les repas froids pour sauver la face», soutient-on du côté de certains établissements scolaires dans la ville d’El Milia, l’une des grandes agglomérations de la wilaya de Jijel. «Et même le repas froid risque de ne pas être servi le jour de la rentrée», nous assure-t-on.

De nombreux problèmes sont en effet répertoriés dans les préparatifs pour mettre en place le dispositif nécessaire pour l’ouverture des cantines scolaires. «Il y a aussi le problème des cuisiniers, la plupart de ceux qui sont affectés pour la préparation des repas dans les écoles sont recrutés dans le cadre du filet social et n’ont aucune qualification professionnelle pour exercer ce métier», indique-t-on.

Si on ajoute à ces contraintes le problème des fournisseurs, dont la désignation manque à l’appel dans certaines écoles, le risque de voir les élèves repartir sans goûter à leur repas scolaire devient une quasi certitude au premier jour de la rentrée scolaire. «Tous ces problèmes peuvent cependant être réglés au fur et à mesure que la rentrée scolaire avance, mais le manque d’eau reste un sérieux handicap pour servir des repas chauds», affirme-t-on.

Dans les écoles confrontées à cet aléa, on se débrouille pour aller chercher le précieux liquide ailleurs, tout simplement parce que la commune est incapable de les alimenter en eau. Il convient de préciser que ce problème ne concerne le plus souvent que les localités rurales ou éloignées des grands centres urbains, qui ne sont pas alimentées en eau. Ceci dit, officiellement, tout est pourtant fin prêt pour faire de la rentrée scolaire une réussite totale, même dans son volet cantine scolaire. A ce titre, on avance un chiffre de 381 établissements scolaires du primaire recensés à travers la wilaya pour 343 cantines et 346 écoles bénéficiaires.

Retard

Les établissements ne disposant pas de cantines sont inscrits, soutient-on, pour la réalisation des infrastructures nécessaires à l’effet de permettre aux élèves de bénéficier de leurs repas. Côté fournisseurs, on affirme que ces derniers sont liés aux communes par un contrat dûment établi selon le code des marchés qui court jusqu’au 31 décembre prochain.

Si le prix du repas est de 45 DA, selon les instructions du ministère de l’Education nationale, les communes peuvent l’augmenter selon leurs moyens. Des cadres des Collectivités locales sont désignés pour superviser l’application des directives du département de Benghabrit pour le suivi et la gestion des cantines scolaires. Même tableau à Sidi Bel Abbès.

Quelque 152 500 élèves ont rejoint les bancs d’école le 6 septembre. Les classes du cycle primaire compteront cette année près de 70 000 élèves, selon des chiffres récents communiqués par la direction de l’éducation. Outre l’encadrement pédagogique et administratif mobilisé pour la prise en charge des écoliers, un réseau d’une centaine de cantines scolaires devrait être opérationnel au premier jour de la rentrée scolaire. Cependant, bon nombre de ces cantines scolaires, qui ont pour vocation d’assurer un soutien alimentaire conforme aux ratios réservés aux enfants, font face au sempiternel manque de personnel qualifié : préparateurs, employés de cuisine, serveurs…

«Un quart des cantines scolaires est dépourvu de personnel qualifié», a révélé la directrice de l’éducation lors d’un conseil de l’exécutif de la wilaya consacré aux préparatifs de la rentrée scolaire. Recrutés le plus souvent sur le «tas», les agents de service ont, en fait, du mal à s’acquitter convenablement de leurs tâches qui, faut-il le rappeler, nécessitent des aptitudes et un niveau de qualification confirmé pour la préparation des repas.

Le personnel des cantines, affecté par les communes, fera encore défaut cette année dans plusieurs établissements scolaires en raison notamment du renouvellement des Assemblées locales (APC) prévu au mois de novembre. En effet, les élus des différentes APC, beaucoup plus préoccupés par leur reconduction pour un nouveau mandat, n’ont pas accordé toute l’importance qui sied à l’aménagement et l’encadrement des cantines scolaires.

C’est d’ailleurs le constat établi, unanimement, par plusieurs chefs de daïra lors de ce conseil de l’exécutif. Beaucoup parmi eux ont également mis en exergue les difficultés liées à l’approvisionnement en denrées alimentaires des cantines situées dans les localités déshéritées de la wilaya. Certains fournisseurs ont même refusé au cours de l’année scolaire 2016-2017 d’approvisionner les cantines prétextant un défaut de paiement, selon la directrice de l’éducation.

Encadrement

Face à cette situation, le chef de l’exécutif a instruit les responsables de l’administration locale à apurer les dettes des APC et à recourir à «tous les moyens disponibles pour assurer le fonctionnement de ces cantines dès le premier jour de la rentrée». Signalons que la wilaya de Sidi Bel Abbès compte en totalité 437 établissements scolaires, dont 287 écoles, 101 CEM et 49 lycées. Pour la prochaine année scolaire, il est prévu de réceptionner un nouveau lycée et deux CEM.

A Bordj Bou Arréridj, particulièrement dans les communes berbérophones, c’est le désarroi des enseignants de tamazight. Ils se sentent lésés dans leurs droits. Au départ, les enseignants étaient submergés par l’enthousiasme et la fierté d’être les pionniers à redonner vie et faire renaître de ses cendres une langue millénaire menacée d’extinction.

Mais l’euphorie a fini par s’éclipser avec l’apparition des déboires socioprofessionnels qui ont eu raison de la motivation des enseignants. Certains, criblés de dettes faute d’être payés, ont tout bonnement menacé de rendre le tablier et d’aller chercher un autre job. Face à cette situation, le directeur de l’éducation d’alors, en coordination avec le HCA, a décidé de prendre en charge les revendications des enseignants. Au mois d’avril 2014, toutes les situations financières des fonctionnaires ont été régularisées au dernier centime.

Quelques semaines plus tard, deux inspecteurs de l’académie de Tizi Ouzou ont été invités pour les titulariser lors d’une cérémonie grandiose, puisqu’il s’agissait de la première promotion d’enseignants de tamazight. Sauf que depuis cette date, les enseignants n’ont bénéficié d’aucune promotion pour les motiver, ni de formation pédagogique pour consolider leurs compétences.

La situation n’est pas plus brillante pour les enseignants de la daïra de Mansoura et Zemmoua, qui, eux aussi, galèrent et souffrent du manque d’encadrement et d’isolement des établissements épars où ils exercent. En somme, tamazight est, certes, entré à l’école, mais à titre facultatif et avec les moyens du bord. Donc, il appartient aux cercles de décision de rectifier le tir et de mettre les moyens nécessaires si on veut vraiment promouvoir une langue très chère à Mouloud Mammeri. A Batna, le décor est inquiétant.

Le manque d’encadrement est clair. Les quelques surveillantes essaient tant bien que mal de faire rentrer les élèves dans leurs salles, une mission qu’elles abandonnent rapidement. «Trouvez une salle, asseyez-vous, on verra après la visite du wali», criera l’une d’elles. Le mur d’enceinte, lui, ne cesse de subir des attaques, nous rapportent plusieurs parents interrogés. Selon eux, il y avait un trou de la taille d’une porte.

Un accès libre à l’intérieur du collège. «Il a été reconstruit et démoli à plusieurs reprises. Les délinquants entraient à leur guise. Il y a même eu une tentative de kidnapping d’une fille en plein jour, l’année passée», raconte l’un d’eux. Une situation sécuritaire extrêmement précaire et intolérable lorsqu’il s’agit d’enfants. Dans l’arrière-cour, un terrain nu servira de stade pour les activités d’éducation physiques et sportives. Des amas de gravier, des gravats, des ferrailles et de bois y traînent.

Abdelkrim Mammeri, Houria Alioua, Slim Sadki, Hafid Azzouzi
 

Rentrée scolaire aujourd’hui à travers l’ensemble du territoire national

Quand l’austérité touche l’école

le 06.09.17 | 12h00

 
	l «Il n’y a pas suffisamment d’enseignants actuellement et les élèves se retrouvent à 50 par classe avec un seul enseignant, alors qu’ils auraient pu être répartis dans plusieurs classes. Il y a un manque, sans exagérer, de plus 
	de 15 000 postes tous paliers confondus», signale le président du Snapest qui plaide pour l’ouverture de nouveaux postes budgétaires.

 
l «Il n’y a pas suffisamment d’enseignants actuellement...

La réunion organisée lundi par la ministre de l’Education nationale avec les partenaires sociaux a été l’occasion de reparler des problèmes qui attendent le secteur pour la rentrée, surtout dans un contexte marqué par l’austérité budgétaire.

Parmi les problèmes récurrents auxquels seront confrontés cette année encore les établissements scolaires figure la surcharge des classes. Il y aurait ainsi un taux de surcharge de 5,73%, avec en tête les wilayas d’Oran, Boumerdès, et Alger (direction Alger-Est). «Le problème de la surcharge des classes s’accentuera dans l’avenir, vu le taux de natalité qui explose. S’il n’y a pas de solution, ce sera l’asphyxie», met en garde le président du Snapest, Meziane Meriane.

Pour Boualem Amoura, président du Satef, cette situation s’explique par l’absence de planification de l’Etat. «Des écoles ne sont pas livrées depuis 10 ans, alors que des directions de wilaya sont construites en un temps record. Il y a aussi ces cités d’habitation qui sont livrées sans infrastructure scolaire», s’étonne-t-il. Mettant en garde contre l’immobilisme de l’Exécutif, surtout dans un contexte de crise marqué par l’austérité due à la chute des prix du pétrole, M.

Meriane assure que la solution est dans le recrutement des enseignants. «Il n’y a pas suffisamment d’enseignants actuellement et les élèves se retrouvent à 50 par classe avec un seul enseignant, alors qu’ils auraient pu être répartis dans plusieurs classes. Il y a un manque, sans exagérer, de plus de 15 000 postes tous paliers confondus», signale le président du Snapest qui plaide pour l’ouverture de nouveaux postes budgétaires. Les partenaires de Mme Benghabrit sont revenus sur la question des départs massifs à la retraite provoqués par l’annonce de l’abrogation de l’ordonnance 97-13 instituant le départ à la retraite sans condition d’âge. La tutelle refuserait les demandes de désistement.

«Le secrétaire général du ministère, chargé par la ministre du dossier, a assuré qu’il n’y aura pas de possibilité de désistement. Il y a les travailleurs dont le Caisse nationale des retraites (CNR) a accepté les dossiers, mais il y a aussi ceux qui ont déposé leurs dossiers et passé avec succès leurs concours pour les promotions internes. Ces cas ne pourront plus revenir faute de postes budgétaires», rapporte le président de l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE), Khaled Ahmed.

Autre problème : l’indisponibilité des livres scolaires. La responsabilité en est imputée, entre autres, aux directeurs de l’éducation (DE). «Il est intolérable qu’un tel problème se pose à chaque rentrée. Il faudra sanctionner les responsables. Certaines académies sont devenues des propriétés privées. Des enseignants sont sanctionnés sans raison valable et des logements sont distribués selon des critères clientélistes», enrage M. Meriane, qui affirme que la ministre, interpellée, «a pris note».

Pour M. Amoura, ces mêmes DE transmettent des «rapports biaisés» à leur tutelle. «De fausses informations remontent à la ministre sur, par exemple, la carte scolaire et la disponibilité des enseignants. A chaque début d’année, des écoles ne sont pas pourvues d’enseignants. C’est une honte», s’indigne le président du Satef. Pour le porte-parole du CELA, Idir Achour, des mesures annoncées par le ministère ne sont pas appliquées par les DE. «Nous avons dénoncé la gestion locale du secteur. Des mesures prises au niveau central ne sont pas appliquées», s’offusque-t-il. La ministre de l’Education a annoncé des réunions bilatérales avec chaque syndicat. «Il y en aura probablement une ce trimestre», signale M. Amoura.


Des dérogations et des promotions au profit du personnel

La ministre de l’Education nationale a annoncé, lundi, la régularisation de la situation de 668 enseignants et la promotion de 2507 employés dans le secteur de l’éducation à des postes supérieurs. Il s’agit de «la régularisation de la situation de certains grades de l’éducation en suspens, qui touchent 668 enseignants, et la régularisation de la question de la médecine du travail en application de la circulaire interministérielle de 2015 permettant aux médecins d’occuper des postes renforçant la médecine du travail au secteur de l’éducation, outre la promotion de 2507 employés, tels que les chauffeurs et les gardiens (corps communs, ndlr)», a annoncé Mme Benghabrit dans une allocution lors d’une rencontre avec les partenaires sociaux.

La ministre a indiqué que «la dérogation octroyée par la Fonction publique aux employés administratifs et pédagogues, permettant l’exploitation des listes de réserve, a été obtenue en coordination avec le Premier ministre». Idir Achour, porte-parole du CELA, réclame d’autres dérogations, puisque «ces opérations, en faveur des corps communs et autres, sont utiles mais restent insuffisantes».
 

Chiffres-clés

 

270 000 nouveaux élèves
Plus de 2 millions bénéficieront de la prime
14 000 nouvelles cantines
5,73% : taux de surcharge des classes  
30 nouveaux manuels mis en circulation
7 refusés par la commission d’homologation


11/09/2017
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Crèches et garderies d’enfants : La galère des parents

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Samedi 11 Fevrier 2017

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le 12.02.17 | 10h00

 
 

En Algérie, plus de 5 millions d’enfants sont âgés de moins de cinq ans. Ils représentent plus de 11% de la population. Si le problème de la garde de la petite enfance ne se posait que très rarement il y a une vingtaine d’années, il en est autrement aujourd’hui, vu que le nombre des femmes qui travaillent a explosé. 

Tous les jours, Amel, 30 ans, salariée dans une entreprise publique, laisse son bébé de 8 mois derrière elle pour aller au bureau en toute quiétude.

Son fils reste à la maison avec sa grand-mère. «Vivre avec ma belle-famille n’a pas été un choix, nous n’avons pas de logement et pas les moyens de louer un appartement.» Cette cohabitation ne l’a jamais enchantée. Aujourd’hui, elle s’en réjouit puisqu’elle échappe au problème épineux que vivent beaucoup de mamans qui travaillent : mettre leur enfant en garderie. Un véritable casse-tête qui peut même parfois virer au drame. Plusieurs cas de maltraitance, de viol, et même un décès par noyade ont eu lieu en crèches ces dernières années.

En Algérie, plus de 5 millions d’enfants sont âgés de moins de cinq ans. Ils représentent plus de 11% de la population. Si le problème de la garde de la petite enfance ne se posait que très rarement il y a une vingtaine d’années, il en est autrement aujourd’hui, vu que le nombre des femmes qui travaillent a explosé. Le taux d’activité économique des femmes en Algérie — 14,9% en septembre 2014 — a carrément triplé en 20 ans. Celles qui ont des enfants en bas âge sont souvent obligées de reprendre le travail à la fin de leur congé maternité, alors que leurs nourrissons sont à peine âgés de 3 mois. Il est difficile de choisir un mode de garde rassurant dans un pays qui se préoccupe si peu de la prise en charge de la petite enfance.

Dans l’imaginaire collectif algérien, une idée domine : à cet âge, l’enfant a juste besoin de dormir, de manger et être en sécurité physiquement. Pourtant, durant les premières années de vie, chaque geste peut avoir un impact sur le développement psychomoteur et émotionnel de l’enfant. «Toutes les fonctions cognitives sont en éveil dans la petite enfance et tous les apprentissages de base sont primordiaux et déterminent le fonctionnement psychique futur», explique Mejda Benchaâbane, psychologue clinicienne (voir entretien, ndlr). La construction affective de l’individu, adulte de demain, se dessine à ce moment fatidique.

Beaucoup de mamans optent pour les nourrices à domicile, qu’elles choisissent par ouï-dire. Elles prennent le risque et la responsabilité de confier leurs bébés à des femmes au foyer qui s’improvisent puéricultrices parce qu’elles sont déjà maman alors qu’elles n’ont pas forcément de connaissances concernant la petite enfance. Ces nourrices échappent à tout contrôle. D’autres mamans préfèrent les mettre à la crèche en dépit de la mauvaise presse dont ce genre de structures d’accueil de la petite enfance souffrent, parfois à raison. En 2015, 33% des crèches accueillaient des enfants alors qu’elles ne disposaient pas d’agrément. Celles qui en disposent ne répondent pas forcément aux normes en matière d’hygiène et d’espace. Pis, les éducatrices qu’elles recrutent ne sont souvent pas formées et parfois elles ne sont même pas déclarées.

Maltraitance

Depuis 2008, un décret exécutif fixe les conditions de création, d’organisation, de fonctionnement et de contrôle des établissements d’accueil de la petite enfance (les enfants âgés de moins de cinq ans). Il existe actuellement 1755 crèches agréées. Des chiffres bien loin de la réalité du terrain puisque beaucoup de crèches ouvertes accueillent des enfants alors qu’elles ne disposent ni d’agrément ni de registre de commerce. Une information qui vient s’ajouter aux malheureux échos de maltraitance, de viol et même de décès ayant eu lieu dans nos crèches ces dernières années. Le 28 août 2016, Mohammed, 3 ans, inscrit dans une crèche à l’est d’Oran, meurt noyé dans une bâche d’eau. La wilaya d’Oran a vite décidé la fermeture de cette crèche. En 2013, à Sétif (Eulma), un cas de viol a été déclaré à la police sur un enfant de 5 ans. L’accusé était le gardien de la crèche.

Quelque temps plus tard, c’est dans le quartier Bouzourane à Batna que l’horreur a frappé. Plusieurs fillettes âgées de 3 années ont été abusées sexuellement. Le directeur de la crèche a été écroué après enquête. En septembre 2015, un bébé de 9 mois se retrouve le pied dans le plâtre suite à une maltraitance dans une crèche. C’est que le contrôle réel des établissements d’accueil de la petite enfance a tardé à venir. Il a fallu attendre plus de cinq ans après la promulgation du décret exécutif régissant l’accueil de la petite enfance (2008) pour que les services du ministère de la solidarité entament un travail de recensement et de contrôle. En 2012, seules 49 crèches étaient agréées alors qu’elles étaient des dizaines à ouvrir leurs portes tous les matins pour accueillir des enfants dans les quarte coins du pays. En 2015, sur les 2614 crèches répertoriées, 859 n’avaient pas d’agrément et exerçaient donc dans l’illégalité.

Angoisse des parents

Djamil, deux ans, croyait faire une simple petite balade ce matin-là. Bien que sa maman ait pris le soin de lui expliquer durant des jours qu’il passerait désormais ses journées dans une maison avec plein d’enfants de son âge et des «tatas» disponibles pour s’occuper de lui, il n’a pas réalisé ce qui allait changer pour lui. En entrant dans la crèche, les couleurs le captivent, les visages souriants le rassurent, mais sa main reste accrochée à celle de sa mère. Vient le moment de la séparation. Il explose en pleurs. Sa mère se contient, un dernier câlin, des paroles rassurantes, puis elle s’éloigne. Une fois la porte de la crèche franchie, Sarah est en larmes. Elle panique même. Une bourrasque de questions la déroute. Elle se demande si on prendra vraiment bien soin de son enfant. S’il mangera à sa faim. Si l’éducatrice saura reconnaître ses signes de fatigue. Est-ce qu’elle répondra à ses pleurs.

Aucune réponse. Une fois son enfant confié, en crèche ou chez une nourrice, c’est le black-out. On ne sait jamais ce qui se passe vraiment. Les parents désemparés, les mamans particulièrement, n’ont pas, pour la plupart du temps, le luxe d’être exigeants. Ils optent souvent pour un mode de garde par dépit, pressés par des contraintes de temps et d’argent. Mettre l’enfant en crèche ou le confier à une nounou à domicile.

Dans les deux cas, la décision est périlleuse puisqu’ils n’ont aucun moyen de savoir ce qui se passe vraiment quand ils ne sont plus là. Ils espèrent seulement que leurs enfants sont en sécurité. Et c’est ce qui leur semble le mieux à faire. Si Sarah a fondu en larmes ce matin-là, ce n’est pas par excès d’inquiétude : «Il y a quelques jours, j’ai lu le témoignage de parents sur une page Facebook qui m’a plongée dans l’angoisse.» Le message faisait état de maltraitance, — fracture du bras —, sur un bébé de 6 mois dans une crèche à Alger-Centre. Le groupe «Crèches, jardins d’enfants, écoles étatiques et privées en Algérie» draine plus de 28 000 personnes sur Facebook. Les parents y échangent leurs expériences à longueur de journée. Ils écrivent leurs impressions, livrent leurs critiques et se conseillent mutuellement. Il y a quelques jours, un message a créé le buzz.

Dénonciations sur Facebook

«Je rédige ce petit message pour attirer l’attention des parents sur ce qui se passe dans une crèche située au Sacré-Cœur à Alger-Centre. Le bébé d’une amie s’est vu fracturer le bras là-bas alors qu’il n’avait que 6 mois ! Négligence absolue ! La directrice prétend que cela ne s’est pas passé chez elle, mais, comme par hasard, il n’y a que l’enregistrement vidéo des caméras de surveillance de CE jour-là qui sont endommagées ! Comme par hasard ! Renseignements pris auprès de l’entourage de la crèche dans les jours qui ont suivi l’incident, cette dernière a en effet très mauvaise réputation. Faites passer le message, ce serait dommage qu’un autre ‘‘malaïka’’ fasse les frais de ces vautours. Salam». Ce message a donné suite à beaucoup de commentaires qui corroborent les faits, beaucoup d’autres parents se plaignent également de maltraitance.

Contactée, la directrice de la crèche en question* a totalement nié les faits. «C’est de la méchanceté», argue-t-elle d’emblée. Elle accuse une femme de ménage qu’elle a licenciée récemment d’être à l’origine de ces rumeurs. «Je ne suis pas étonnée. Il y a beaucoup de mauvais échos qui circulent concernant les crèches, mais il ne faut pas généraliser», confie une autre directrice de crèche de l’algérois qui jure que son établissement est un havre de paix pour les tout petits. «Visitez notre crèche et vous verrez la différence», insiste-t-elle. Rendez-vous a donc été pris. Evidemment, la visite guidée a été concluante. Comme dans pratiquement toutes les crèches qui ont bien voulu nous ouvrir leurs portes, l’espace était propre, les doudous et jouets étaient attractifs, le matériel bien en place et les éducatrices tout sourire. Qu’en aurait-il été si les visites n’avaient pas été programmées et organisées ? La question reste posée puisque nul ne peut entrer dans une crèche sans s’annoncer.

Au service de la protection de l’enfance du ministère de la solidarité, on se rappelle d’un cas de maltraitance particulier. C’était dans une crèche à Draria, en début d’année 2015. Ce n’est pas un enfant qui a été maltraité, mais une mère agressée par la directrice qui lui aurait refusé l’accès à la crèche en milieu de journée. «La dame, cadre dans la Fonction publique, devait partir en voyage d’affaires. Elle a voulu allait voir son fils à la crèche pour lui dire au revoir avant d’aller à l’aéroport», raconte Habiba Keddar, directrice de la protection et de la promotion de l’enfance et de l’adolescence et des programmes de solidarité envers les jeunes au ministère de la solidarité nationale. Sa visite, à l’improviste, n’aurait pas été appréciée par la directrice. La dame a voulu rentrer de force, la directrice l’en aurait empêchée par la force.

«Pourtant, la mère était dans son droit», explique Abdelhamid Oukaci, juriste, éducateur et responsable du bureau de l’orientation, du suivi et de l’inspection des crèches de la direction de l’assistance sociale DAS d’Alger. «Les parents ont le droit de voir dans quelles conditions sont leurs enfants quand ils le souhaitent», ajoute-t-il. Cela dit, sur le terrain, la majorité des crèches refusent automatiquement l’accès aux espaces dédiés à la garde des enfants. «C’est forcément parce qu’ils ont des choses à cacher», s’inquiète Sarah, la maman de Djamil.

Éducatrices non formées

Hanane, 40 ans, est éducatrice en crèche depuis 10 ans. Elle a travaillé dans cinq crèches depuis 2007. Pourtant, elle n’a aucun diplôme d’études supérieures. «J’aime les enfants et je sais m’en occuper», se défend-elle. Actuellement, elle est en poste dans une crèche à Chéraga, — une des communes qui comptent le plus de crèches, avec Kouba, Baba Hacen et Dély Ibrahim. Son salaire mensuel est de 22 000 DA. «Je travaille dans cette crèche depuis 3 ans et c’est la première fois que je suis déclarée à la sécurité sociale», explique-t-elle. Etre déclarée a été une véritable bataille pour elle. Psychologue de formation, spécialisée en pédagogie de la petite enfance, Souad a travaillé deux années en crèche avant de claquer la porte pour devenir salariée en entreprise. Elle est passée par trois crèches, à Tizi Ouzou et à Alger, durant ces deux années sans jamais être déclarée. «Je me suis juré de ne plus jamais travailler en crèche, à moins de réussir un jour à ouvrir ma propre crèche», raconte-t-elle en réajustant son foulard.

C’est Camil, petit bébé de 10 mois qui vient de le lui retirer. Habile et inventive, elle réussit à jouer avec son petit neveu tout en racontant son parcours. «J’ai étudié à la faculté de Tizi Ouzou. Je fais partie de la première promotion des diplômés en pédagogie infantile.» Actuellement, elle travaille comme assistante dans une entreprise de BTP. Son salaire a triplé. La jeune femme, qui vient de franchir la trentaine, ne regrette pas d’avoir renoncé à la carrière d’éducatrice de la petite enfance qu’elle tenait tant à mener il y a cinq ans. «J’ai juré de ne plus jamais travailler en crèche parce que j’ai assisté à des scènes inacceptables.» Elle se dit traumatisée par l’aspect mercantile de ces établissements. «Ils se font de l’argent sur le dos des parents et ne se préoccupent pas du bien-être de l’enfant qu’ils violentent pour qu’il soit plus facile à gérer.»

Un contrôle qui commence à peine

Selon Abdelhamid Oukaci, il y aurait d’excellentes crèches qui travaillent réellement pour le bien-être et l’épanouissement de l’enfant, mais il y en a aussi beaucoup qui ne respectent ni les normes techniques (espace et hygiène), ni ne disposent d’un véritable contenu pédagogique. «Nous faisons un travail de fond pour assainir la situation, évidemment la question du personnel non qualifié est un problème important, mais nous agissons par étape.» Depuis un an, le service qu’il dirige est passé à la vitesse supérieure en matière de répression. Première mesure appliquée : on ne délivre plus d’agrément pour des crèches établies dans des appartements. «Désormais, on exige une villa dotée d’une cour», précise-t-il. En 2016, six crèches ont été fermées dans la wilaya d’Alger.

Cinq sont en cours de fermeture par décision de justice pour constatations d’infraction par la direction du commerce de la wilaya. Et 170 crèches ont été mises en demeure pour non-conformité. Les mises en demeure concernent le nombre d’enfants autorisé, l’hygiène, la nourriture, les cas de maltraitance, l’absence d’agrément, le non-respect des conditions d’accueil, la confusion dans les programmes, des changements d’adresse non signalés… «Le contrôle est un travail de longue haleine et nous nous y consacrons pleinement. La mise en place a été difficile parce que les professionnels ont également leurs contraintes. Nous souhaitons faire un travail de contrôle constructif et non répressif», note Habiba Keddar. Elle annonce qu’un projet de loi sera prochainement proposé au gouvernement pour prendre en charge toutes ces préoccupations. D’ici là, d’autres petits Algériens viendront à la vie, et ceux qui sont actuellement âgés de moins de cinq ans entreront dans un autre système qui finira de façonner leur devenir, l’école.

 

*Il a été décidé dans le cadre de cette enquête de ne donner aucun nom de crèche pour éviter toute publicité (mensongère ?) ou toute diffamation sur des faits non prouvés.


12/02/2017
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Enseignants et retraite anticipée // La décision du gouvernement a vidé les établissements

 

   

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Vendredi 3O Septembre 2016

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Enseignants et retraite anticipée

La décision du gouvernement a vidé les établissements

le 29.09.16 | 10h00

 
	Des établissements scolaires renvoient les élèves chaque matin chez eux. La cause : les nouveaux enseignants n’ont toujours pas intégré leurs postes respectifs
 
Des établissements scolaires renvoient les élèves...

Des dizaines de milliers d’enseignants ont fait leur demande de départ à la retraite anticipée. Le secteur de l’éducation voit ses fonctionnaires déposer leur dossier de retraite avant l’amendement de cette procédure dans le code du travail.

La décision du gouvernement de supprimer la retraite anticipée, avec l’amendement de la législation qui est en cours, a eu pour effet de vider le secteur de ses effectifs. Une ruée vers les directions des établissements pour déposer les dossiers de demande de départ en retraite anticipée est constatée par les représentants des travailleurs, qui s’inquiètent de l’énorme manque d’effectifs dans le corps enseignant qui risque de se répéter l’année prochaine.

Le délai nécessité par la procédure de l’amendement du code du travail est exploité donc par les fonctionnaires de l’éducation comme une dernière chance de bénéficier d’une retraite sans condition d’âge, en l’absence de visibilité sur les métiers considérés à haute pénibilité dont les travailleurs continueront à pouvoir partir plus tôt à la retraite que les autres Algériens. Les représentants des travailleurs de ce secteur expliquent que, contrairement à ce qui se faisait auparavant, les dossiers portant demande de départ en retraite sont à déposer à la direction des établissements au lieu de la direction de l’éducation, ce qui empêche d’avoir des chiffres actualisés sur le nombre de dossiers déposés. «Nous pouvons par contre constater la ruée sur les bureaux des directeurs pour ce motif.

Le phénomène se généralise chez les enseignants dont la tranche d’âge est concernée», explique Boualem Amoura du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). Le directeur des ressources humaines a révélé, il y a quelques jours, que 30 000 fonctionnaires sont partis en retraite en 2016, dont une majorité en retraite anticipée. Selon les syndicats du secteur, le nombre de demandes de départ pour 2017 sera de plus de 20 000.

Le même chiffre se renouvellera l’année prochaine, s’attendent les représentants des travailleurs. L’ouverture de 28 000 nouveaux postes d’enseignant au recrutement par concours, qui a nécessité une procédure supplémentaire consistant à puiser de la liste d’attente 33 746 enseignants, «ne sera pas suffisante» pour faire face au manque. «Cela n’a rien à voir avec le phénomène de manque d’enseignants dans certaines matières constaté habituellement, il s’agit en fait d’un phénomène suscité par l’amendement du code du travail que le gouvernement a lancé à l’issue de la dernière tripartite.

La mauvaise gestion du dossier des contractuels en est également une des causes», soutient pour sa part Idir Achour du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), qui estime que 800 000 élèves sont actuellement sans enseignant. Le syndicat rappelle le récurent problème de refus des enseignants de rejoindre leurs postes dans les régions déshéritées. Le Satef évoque les mêmes contraintes dans les wilayas de l’intérieur du pays. «Rien que dans le primaire dans la wilaya de Djelfa, il y a un manque de 66 enseignants de langue arabe, ceci après l’affectation des nouvelles recrues», souligne Boualem Amoura.

Les syndicalistes pointent du doigt des dysfonctionnements dans la planification de l’organisation du concours de recrutement, à l’instar de l’affichage de la liste d’attente. «Des irrégularités ont été soulignées, ce qui suscite le doute sur la transparence de la procédure, comme cela a été dénoncé dans les wilayas de Tizi Ouzou et Sétif», précise M. Amoura. «Il y a un fossé qui sépare l’ambition affichée par la tutelle sous Nouria Benghebrit à professionnaliser le secteur avec la primauté de la compétence, et les pratiques au niveau local qui ont du mal à rompre avec le clientélisme», dénonce M. Amoura.

Les représentants des travailleurs appellent à la récupération des Instituts techniques de formation (ITE) «pour former le nombre nécessaire des enseignants qualifiés». Le CLA déplore cependant que le ministère n’ait pas procédé à la régularisation des contractuels, ce qui aurait permis de maintenir des enseignants dans les régions boudées par les nouvelles recrues.

Fatima Arab
 

 

 

 

 

 
الجمعة  30 سبتمبر 2016 &

01/10/2016
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Rentrée scolaire ²016/2017 : Jour J pour 8 millions d’élèves

Rentrée scolaire : Jour J pour 8 millions d’élèves

le 04.09.16 | 10h00

 
	Les enfants en ordre de départ
Les enfants en ordre de départ

Des millions d’enfants tous cycles confondus, du primaire au lycée rejoindront  aujourd’hui leurs établissements respectifs.

Plus de 8 millions d’élèves reprennent ou prennent pour la première fois aujourd’hui le chemin de l’école. Les chiffres communiqués par le ministère de l’Education nationale indiquent un total de 8 691 006 élèves inscrits dans les trois cycles d’enseignement et du préscolaire. Cette année scolaire sera marquée par la généralisation du préscolaire à tous les établissements, après avoir été initié dans des classes pilotes depuis 2009. Ce sont donc 493 626 enfants qui sont attendus dans le palier du préscolaire. Le cycle primaire compte 4 209 022 élèves, le moyen 2 727 160 et le secondaire 1 261 198.

S’agissant de l’encadrement pédagogique, 258 403 membres du personnel administratif et 495 000 enseignants, dont 4878 diplômés des Ecoles normales supérieures et 28 075 nouveaux enseignants seront mobilisés. Quant aux infrastructures, on comptera cette année 26 488 établissements scolaires, dont 146 nouveaux, et 14 427 cantines scolaires, selon la même source. Les syndicats du secteur ont exprimé des craintes quant à la persistance du phénomène de la surcharge des classes, accentuée par le retard accusé dans la réalisation des structures scolaires.

L’année scolaire, qui commence aujourd’hui, sera marquée également par l’utilisation de nouveaux manuels pour accompagner les programmes de la deuxième génération de la réforme du système éducatif initiée en 2003, dont une évaluation faite en 2014 et en 2015, ayant conduit à l’adoption de l’approche «curriculaire» pour «l’amélioration de la qualité de l’enseignement». Le retour à la référence algérienne dans toutes les matières et le renforcement de la présence des auteurs algériens dans les manuels ont été parmi les décisions les plus importantes prises dans le cadre de «l’amélioration de la réforme».

Les élèves des classes des 1re et 2e années primaires auront droit à des manuels communs. Deux livres, regroupant pour l’un les matières scientifiques et pour l’autre littéraires, suivront l’élève durant les deux premières années scolaires. Les élèves de la première année moyenne découvriront également leurs livres scolaires pour accompagner les nouveaux programmes. Les nouveaux programmes et les supports d’accompagnement seront généralisés graduellement au niveau du primaire et du moyen.

Il convient de souligner que concernant le livre scolaire 6,5 milliards de dinars ont été alloués pour assurer sa gratuité, sachant que 3 millions d’élèves scolarisés bénéficient de la prime et du livre à titre gracieux. 60 800 000 livres sont mis à disposition pour cette année scolaire, dont 4 728 000 nouveaux pour la première année primaire, 4 046 000 pour la deuxième année primaire et 8 774 000 pour la première année moyenne, indique le ministère de l’Education nationale. La même source souligne que 9 milliards de dinars ont été consacrés à la prime de scolarité.

En matière de réforme, la décision du gouvernement quant à l’adoption d’une nouvelle organisation du baccalauréat est attendue. Le travail de la commission chargée de la réforme de cet examen, plaidant pour l’allégement du nombre des matières et du volume horaire des épreuves pour présenter un modèle de bac conforme au profil de la spécialité des candidats, est au niveau du Premier ministère. La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, qui a annoncé l’application de cette révision pour la prochaine session, a expliqué, lors d’une récente sortie médiatique, que la refonte se fera de manière graduelle.
 

Fatima Arab
 

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BENGHEBRIT A DONNÉ LE COUP D'ENVOI DE L'ANNÉE SCOLAIRE DEPUIS NAÂMA

La rentrée de toutes les nouveautés

L'objectif avoué de la ministre de l'Education: une école de qualité
L'objectif avoué de la ministre de l'Education: une école de qualité

«On rend un hommage à toutes et tous les travailleurs du secteur victimes de la barbarie du terrorisme dont 11 enseignantes assassinées sur le chemin de l'école, un certain 27 septembre 1997 à Sidi Bel Abbès.»

8600.000 élèves, des trois cycles de l'Education nationale, ont fait leur rentrée scolaire, hier, dans une ambiance familiale à travers le pays, le ministère de tutelle affirme avoir mobilisé tous les moyens nécessaires pour la réussite de ce rendez-vous. Nouria Benghebrit a donné hier, le coup d'envoi de l'année scolaire dans la wilaya de Nâama, un choix qui n'est pas anodin. Primo, pour veiller de près au bon déroulement de la rentrée scolaire des élèves de l'Algérie profonde et également de faire contrepoids sur la pression que lui fait subir le microcosme de la capitale.
Pour la ministre de l'Education, l'objectif de «l'école pour tous» est déjà réalisé, le grand défi auquel fait face l'école algérienne d'aujourd'hui est bien celui d'assurer à tous les élèves une formation «qualitative qui répond aux mutations et aspirations de la société algérienne» qui rêvait tant d'une école formatrice du citoyen de demain, un citoyen ouvert sur le monde, mais très attaché aux valeurs de sa société.
D'ailleurs, c'est la première fois qu'on évoque dans le secteur de l'éducation la nécessité de l'amélioration de la qualité de la formation dispensée aux jeunes écoliers comme un objectif majeur à atteindre. Aucun de ses prédécesseurs à la tête du département de l'éducation n'a eu le courage d'enfreindre la règle, un défi fou difficilement réussi. Le premier point de la visite de la ministre de l'Education dans la wilaya de Naâma a eu lieu au lycée des frères Derbal où elle a assisté au premier cours de l'année scolaire consacré à «la dimension humaine de certains héros de la glorieuse guerre de Libération nationale». Le choix de cette thématique vise à inculquer à la jeune génération d'écoliers l'esprit de sacrifice «des martyrs de Novembre qui ont sacrifié leur vie pour la liberté et l'indépendance du pays, sans oublier les martyrs du devoir national, un hommage à toutes et à tous les travailleurs du secteur victimes de la barbarie du terrorisme, dont 11 enseignantes assassinées sur le chemin de l'école un certain 27 septembre 1997 à Sidi Bel Abbès» a-t-elle souligné dans son allocution à l'occasion du coup d'envoi de l'année scolaire, avant de reprendre la route pour l'inauguration de l'école primaire de Benghazali.
Mme Benghebrit a sanctionné sa visite dans la région par un point de presse dans lequel elle est revenue sur les défis à venir de son département, notamment ceux concernant l'application et la réussite du programme de deuxième génération. Elle a également abordé le dossier de la réforme du baccalauréat qui va être soumis au Conseil des ministres, soulignant que les points relatifs au contrôle continu, à la diminution du nombre de jours à l'examen et à la nature des épreuves «n'ont pas fait l'objet d'opposition». «Le dossier de réforme du baccalauréat qui va être soumis prochainement au Conseil des ministres et là où il n'y a pas eu d'opposition clairement affirmée ce sont les points sur le contrôle continu, le nombre de jours (qui passe de cinq à trois) et la nature des épreuves», a indiqué Mme Nouria Benghebrit expliquant qu'il y a eu un débat «riche» sur le programme de la réforme, notamment l'accord pour passer de cinq à trois jours pour l'examen du bac, le principe de prendre en compte le contrôle continu ainsi que de revisiter les modalités de conception des sujets.
La ministre a annoncé, également, que l'examen de fin de premier cycle (examen de 5ème année primaire) ne sera pas supprimé. «L'examen de la 5ème année restera, mais l'élève le passera au niveau de son établissement, ce qui est une nouveauté» depuis cette année, a-t-elle ajouté.
Mme Benghebrit a indiqué, par ailleurs, que la réforme du secteur touchera aussi l'Office national des examens et concours (Onec). «La réforme de l'Onec est totalement engagée. Un certain nombre de mesures ont été prises, dont notamment l'organisation et l'amélioration de cette instance, y compris sur les plans matériel et de sécurisation», a déclaré la ministre.
Les nouveaux manuels scolaires répondent aux normes internationales. Sur un autre plan, Mme Benghebrit a indiqué que le manuel scolaire de deuxième génération, sur le plan pédagogique, «répond aux normes internationales du point de vue conception et homologation». Les nouveaux manuels scolaires, notamment ceux des 1ères années primaire et moyenne, sont passés, avant leur impression, par la Commission nationale des programmes et par la commission d'homologation, puis ils ont été soumis à des experts indépendants pour être, enfin, homologués, a-t-elle expliqué. «Tous les efforts ont été faits pour que ces manuels soient aux normes internationales. Nous avons également ouvert une adresse mail «kitabi@education. gov.dz» dédiée aux remarques et critiques par rapport à ces nouveaux manuels, a-t-elle poursuivi. La ministre a affirmé, par ailleurs, que toutes les mesures ont été prises pour faire de l'année scolaire 2016-2017 une année de «stabilité» et de «tranquillité».
La ministre de l'Education a indiqué que «cette année sera celle des changements dans le secteur de l'éducation qui sera marquée par la mise en oeuvre de la stratégie nationale pour la lutte contre la déperdition scolaire, l'application de l'approche pédagogique et l'accompagnement des enseignements dans leur travail afin d'assurer une formation de qualité à tous les élèves, mais aussi celle de la généralisation des écoles préscolaires à travers tout le territoire national». Dans le même volet, plus de 60.000 enseignants du premier palier (primaire) ont été formés pour la mise en oeuvre du programme de deuxième génération et plus de 80.000 dans le deuxième palier (moyen); tous les moyens sont mis en place pour la réussite de la mise en oeuvre du programme de deuxième génération. Pour ce qui est de la surcharge des classes évoquée par certains syndicats de l'éducation, la première responsable du ministère de tutelle estime quant à elle que cette problématique ne concerne que quelques établissements scolaires à travers le pays.
Le ministère de l'Education qui a eu «le soutien du Premier ministre Abdelmalek Sellal et son gouvernement a réussi à accomplir de grandes réalisations dans le domaine avec cette année plus de 26 488 établissements scolaires au niveau national; la tutelle a ainsi mobilisé tous les moyens nécessaires pour la réussite de la rentrée scolaire», a-t-elle souligné.

 

 

http://www.lexpressiondz.com/actualite/249171-la-rentree-de-toutes-les-nouveautes.html

 

 


05/09/2016
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Révision de l'orthographe: "Une manipulation grossière"

 

Le ministère de l'Education nationale est accusé d'avoir mis en place une réforme de l'orthographe qui date en réalité d'il y a 25 ans.

 

Le ministère de l'Education nationale est accusé d'avoir mis en place une réforme de l'orthographe qui date en réalité d'il y a 25 ans.

AFP/Paul J. Richards

 

Pour le président du Conseil national des programmes, la polémique sur la réforme de l'orthographe française relève de la manipulation politique, puisque cette révision a été promulguée il y a un quart de siècle.

Depuis qu'il a pris la tête, en septembre 2014, du Conseil supérieur des programmes, Michel Lussault, professeur de géographie à l'ENS Lyon, a dû affronter nombre de polémiques, notamment au moment de la publication des nouveaux programmes scolaires, en application à partir de la rentrée 2016. Mais la controverse du moment sur la révision de l'orthographe l'agace particulièrement. Il dénonce une manipulation politique. Éclaircissements.  

Comment expliquez-vous que les médias et les réseaux sociaux s'emparent soudainement d'une réforme de l'orthographe qui a été votée il y a près d'un quart de siècle?  

 
 
 
 

Je souhaite d'abord rappeler le contenu de la révision de l'orthographe de 1990: il s'agissait de modifications assez mineures, notamment sur les pluriels complexes, et l'utilisation de l'accent circonflexe. C'est pourquoi on parle d'orthographe "révisée" ou "rectifiée", et non réformée. Une révision supervisée à l'époque parl'Académie française -pas précisément une bande de dangereux gauchistes qu'on pourrait accuser de vouloir sacrifier notre belle langue!  

Le ministère de l'Education nationale est accusé d'avoir mis en place une réforme de l'orthographe qui date en réalité d'il y a 25 ans. AFP/Paul J. Richards Pour le président du Conseil national des programmes, la polémique sur la réforme de l'orthographe française relève de la manipulation politique, puisque cette révision a été promulguée il y a un quart de siècle. Depuis qu'il a pris la tête, en septembre 2014, du Conseil supérieur des programmes, Michel Lussault, professeur de géographie à l'ENS Lyon, a dû affronter nombre de polémiques, notamment au moment de la publication des nouveaux programmes scolaires, en application à partir de la rentrée 2016. Mais la controverse du moment sur la révision de l'orthographe l'agace particulièrement. Il dénonce une manipulation politique. Éclaircissements. Comment expliquez-vous que les médias et les réseaux sociaux s'emparent soudainement d'une réforme de l'orthographe qui a été votée il y a près d'un quart de siècle? Je souhaite d'abord rappeler le contenu de la révision de l'orthographe de 1990: il s'agissait de modifications assez mineures, notamment sur les pluriels complexes, et l'utilisation de l'accent circonflexe. C'est pourquoi on parle d'orthographe "révisée" ou "rectifiée", et non réformée. Une révision supervisée à l'époque par l'Académie française -pas précisément une bande de dangereux gauchistes qu'on pourrait accuser de vouloir sacrifier notre belle langue!

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http://www.lexpress.fr/education/revision-de-l-orthographe-une-manipulation-grossiere_1760437.html

 

 

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06/02/2016
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